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postheadericon Les effacés de Slovénie...

Peut-on faire « disparaître » des hommes dans une société européenne sans que personne s’en émeuve, au vu et au su de centaines de milliers de personnes ? La réponse est malheureusement positive et la manière inquiétante, nous renvoyant aux pires songes d’Orwell… Cela s’est passé en 1992, en Slovénie, pays qui va présider l’Union Européenne dans quelques jours et c’est le journal « La Croix », décidément attentif lorsqu’il s’agit des droits et de la dignité des personnes, qui l’évoque dans son édition du 24-25 décembre 2007. Cet article, apparemment anodin, est stupéfiant et, en même temps, éminemment révélateur : « En 1992, cet archéologue d’origine serbe a été purement et simplement effacé, ainsi que 18 404 personnes, du registre des résidents permanents de Slovénie et transféré sur celui des étrangers. Pourtant marié à une Slovène de souche, il s’est alors vu confisquer ses papiers, aussitôt perforés, au guichet de la mairie alors qu’il déclarait la naissance de sa fille. Il est ressorti sans passeport, sans carte d’identité, sans permis de conduire et avec un espace vide à la place du nom du père sur le certificat de naissance de son enfant.

Un pour cent des Slovènes de l’époque sont ainsi devenus du jour au lendemain des « effacés », apatrides dans un pays où ils résidaient depuis des nombreuses années, perdant leurs droits les plus élémentaires. » Cet épisode montre, au-delà du fait brut, le piège de nos sociétés modernes, y compris démocratiques, qui veulent, à tout prix, maîtriser « l’identité » même des personnes, par le recensement (condamné, d’ailleurs, dans certains passages de la Bible…) et l’encadrement administratif, aujourd’hui renforcé par toutes les merveilles technologiques de l’informatique ou de la biométrie…

Les conséquences, dans une société devenue celle du « soupçon » (actualisation contemporaine de la « loi des suspects » de la 1ère République des années 1793-1794), peuvent être terribles, comme elles le furent en Slovénie : « Plus le droit de conduire, d’aller chez le médecin, de travailler, de retirer de l’argent de son propre compte bancaire, d’étudier, d’avoir un appartement, de toucher sa retraite. Réduit à la misère sans même pouvoir recourir aux aides sociales. A vivre la peur au ventre. (…)

Pour se régulariser, il fallait sortir du pays à ses risques et périls et obtenir des papiers dans les autres républiques bouleversées par le conflit [yougoslave], puis demander un visa en Slovénie. Certains n’en sont jamais revenus. Beaucoup, perdus, humiliés dans ce labyrinthe bureaucratique, se sont exilés. Certains même, désespérés, se sont suicidés. D’autres, comme Franjo Herman, un ouvrier du bâtiment qui a cotisé à la sécurité sociale en Slovénie pendant trente-trois ans, jusqu’au jour de son « effacement », sont décédés, faute de soins, l’hôpital refusant de les traiter parce qu’ils n’étaient plus couverts par l’assurance-maladie. » Cela s’est passé près de chez nous, et je dois avouer, à ma grande honte, que je n’en avais jamais entendu parler jusqu’à cette semaine : « effacement » réussi, visiblement, au point de rendre « invisible » ce véritable scandale humanitaire…

Sommes-nous, en démocratie française, à l’abri d’un tel drame humain ? J’aimerai en être certain, mais, par expérience propre, je ne peux le dire : lorsque, dans les années 80, je n’avais plus de carte d’identité valable, je me suis heurté dans de nombreuses administrations, dont la Poste, à des refus (par exemple) de me donner des lettres recommandées ou des paquets parce que je ne pouvais, administrativement, prouver que j’étais bien celui que je prétendais être, et cela a parfois donné lieu à de véritables incidents au guichet… Le plus grave était que je n’étais pourtant pas un inconnu et que les personnes qui voulaient que je leur montre des papiers « en règle » me connaissaient pourtant depuis des années, tant que ma carte avait été valable… Situation kafkaïenne ! Mais tout cela n’est rien par rapport à ces événements de Slovénie, bien sûr, qui ont coûté la vie à des dizaines de personnes et qui, aujourd’hui, ne sont pas totalement réglés : malgré le fait que la Cour constitutionnelle de Slovénie ait donné enfin raison aux anciens « effacés », l’Etat slovène refuse d’appliquer les décisions d’indemnisation de la Cour…

Nous sommes en 2007, bienvenue en 2008…

 

postheadericon Le Pakistan après la mort de Benazir Bhutto.

L’assassinat de Benazir Bhutto, 780ème victime du terrorisme de l’année 2007 au Pakistan, a replongé cette ancienne colonie britannique dans une période d’instabilité dangereuse pour l’avenir du pays mais aussi de toute la région qui n’en avait pourtant pas vraiment besoin… Bien sûr, la personnalité ambiguë de l’ancienne première ministre du Pakistan et les échecs de ses passages au gouvernement pouvaient gêner la visibilité de ses propres projets politiques mais elle était devenue le symbole d’une modernité « adaptable » à cette grande puissance musulmane et, en cela, l’espoir pour les Occidentaux d’une « remise en ordre démocratique », à l’image du grand voisin indien. Les Etats-Unis, en particulier, espéraient beaucoup en elle, empêtrés qu’ils sont, comme les autres puissances occidentales, en Afghanistan, faute d’avoir mis dès le début les moyens militaires et humains pour éradiquer les talibans : son accession au pouvoir aurait permis de mettre fin à l’hypothèque islamiste et de reprendre le contrôle des zones pachtounes tenues par les intégristes musulmans.

Et maintenant ? Les élections du 8 janvier risquent de ne pas dénouer la situation et l’actuel président pakistanais Pervez Moucharraf a de fortes chances d’apparaître comme le seul élément de stabilité dans un pays de plus en plus déchiré par les querelles internes, politiques comme religieuses, voire tribales. Le souci est évidemment que le Pakistan dispose de la bombe atomique (100 à 200 têtes nucléaires) et qu’il serait stratégiquement catastrophique que cette puissance de feu tombe entre les mains des talibans ou de leurs alliés. Non pas qu’ils puissent utiliser cette arme de façon militaire (cela reste peu probable pour diverses raisons) mais ils peuvent en faire un moyen de pression sur la scène diplomatique mondiale et déstabiliser toute la région, en particulier pour gêner le développement de « l’ennemi héréditaire » depuis l’indépendance de la fin des années 40, l’Inde, elle-même puissance atomique… Le Cachemire, motif de tension récurrent entre les deux frères ennemis, pourrait être à nouveau un « point de crispation » car, malgré les ouvertures sur ce sujet entre eux, tout cela reste bien fragile et mal assuré : il suffirait de peu de choses pour remettre le feu aux poudres et provoquer de nouveaux affrontements entre les deux pays limitrophes…

Et puis, il y a surtout l’Afghanistan que les talibans, déjà en position de force depuis quelques mois, pourraient chercher à récupérer en se servant de cette menace nucléaire à laquelle les Occidentaux ne savent comment réagir, prisonniers de schémas stratégiques anciens et plutôt conventionnels. La France, présente militairement et culturellement en Afghanistan, se retrouverait ainsi, comme les autres pays engagés dans la « sécurisation » du pays, en première ligne : à ce moment-là, il faudrait faire preuve de sang-froid et de courage, au risque d’affronter des Opinions publiques plus intéressées par la préservation de leur niveau de vie que par le maintien des libertés et des équilibres géopolitiques dans un pays lointain et si « étrange »… Il n’est pas certain que notre République soit à même de relever le défi, à l’heure où elle se réfugie dans une construction européenne, position de repli sur les seules sphères de l’économique et de l’humanitaire, et où elle « désarme » dans l’indifférence générale, baissant une garde qui, pourtant, reste bien nécessaire en ces temps d’incertitude et de périls nouveaux…

 

postheadericon Irak, leçon diplomatique.

La barbarie ne prend jamais de repos en Irak, comme le rappelle « Marianne » dans sa dernière édition : « 42. C’est le nombre de femmes tuées depuis trois mois par les milices religieuses chiites à Bassora, pour être sorties maquillées ou sans voile. On a retrouvé leurs corps mutilés sur des monceaux d’ordures. C’est ce qui s’appelle l’Irak libéré ». Ainsi, ce pauvre pays est passé d’une tyrannie laïque à une démocratie islamiste sauvage : pas certain que cela soit un grand progrès… En tout cas, l’intervention états-unienne, cette « guerre démocratique » a ouvert une boîte de Pandore que personne ne sait comment refermer.

Cette maladresse criminelle de Washington, cette politique de la canonnière qui rappelle les « westerns » manichéens (bons cowboys, méchants Indiens…), doivent nous inciter à penser une diplomatie indépendante, non pas « contre les Etats-Unis » (ce qui serait ridicule) mais « au-delà » d’eux, sans qu’ils soient le seul point de repère de notre politique étrangère : c’est la politique capétienne reprise et assumée par de Gaulle dans les années 60 et qui ont refait alors de la France une puissance libre, capable de jouer son rôle actif d’arbitre et de médiatrice sans négliger pour autant ses propres intérêts.

Il est fort dommage que nos partenaires de l’Union Européenne aient choisi sans sourciller de sacrifier toute velléité d’indépendance militaire et diplomatique par le simple fait de mettre la Défense européenne sous le contrôle effectif de l’OTAN, comme l’indique la Constitution modifiée… Pendant ce temps, la Russie s’éloigne de l’Europe et se tourne de plus en plus vers l’Asie, en particulier vers la Chine : or, si la Russie abandonne l’Europe, cette dernière ne sera plus que l’appendice continental d’une sorte d’Union Occidentale ayant pour capitale décisionnaire Washington, et il n’est pas certain que, au regard des tempêtes qui se préparent en différents coins du monde, cela soit le meilleur moyen de préserver notre liberté, publique comme privée. Mais le pire n’est jamais certain et le « retour de la Russie » comme le « retournement turc » montre bien que, ainsi que le soulignait de Gaulle, « les alliances sont saisonnières » et, surtout, comme le rappelle Hubert Védrine dans un récent ouvrage, « l’Histoire continue »…

En attendant, les femmes d’Irak continuent de vivre dans la peur et les fanatiques islamistes n’attendent que le départ des derniers soldats occidentaux pour établir définitivement leur loi sur un pays ravagé et humilié… Quel gâchis !

 

postheadericon Magasins indignes : le scandale de Toys "R" Us.

En ces temps de fêtes de Noël, on pourrait espérer un peu d’amour et quelques marques de bonté dans une société qui semble en manquer parfois, même si, Dieu merci, il est quotidiennement de beaux gestes et de nombreuses bonnes volontés. Mais il est de grandes entreprises qui ne songent qu’à faire de l’argent, y compris sur le malheur des autres. C’est ce que rapporte « Marianne » dans son numéro de fin d’année sous le titre « A Noël, Toys « R » Us » taxe l’humanitaire » : en effet, cette grande chaîne de distribution (payante) de jouets a décidé de faire payer les associations humanitaires qui, traditionnellement et pour financer leurs opérations caritatives, emballent les paquets de cadeaux. L’article est édifiant et terrifiant : « Sur un ordre venu du siège de la firme, ils [les bénévoles des associations] devront payer pour collecter. Sous quel prétexte ? « Il faut bien répercuter le prix du papier-cadeau mis à la disposition de l’association », a répondu la direction du magasin de Dijon. En clair, ce qui était jusqu’alors gratuit pour les clients sera payé par ceux qui quêtent pour les démunis !

L’association dijonnaise les Blouses roses a ainsi dû débourser 1 800 euros, une somme qui représente près du quart de ce qu’elle a collecté en 2006 lors de l’opération. « Impossible de refuser l’accord proposé, reconnaît un bénévole, c’est notre seule source de financement. »

(…) A Bordeaux, l’association Dépannage Distraction, une association au service des enfants hospitalisés, s’est pliée sans broncher. La direction du magasin a demandé, en plus, aux bénévoles de préparer les paquets des 200 comités d’entreprise qui s’approvisionnent chez lui. De la répercussion des frais à la mise en coupe réglée de l’humanitaire, il y avait un gouffre que le magasin a osé franchir. »

Devant une telle indignité, le rouge me monte au front, une colère froide me saisit. Mais que faire ? D’abord faire connaître ce scandale aux autres médias et aux consommateurs, faire une véritable « contre-publicité » à cette chaîne de distribution de jouets et refuser d’y aller acheter quoique ce soit : puisqu’il n’y a que l’argent qui motive ces grands groupes, ne leur donnons pas le nôtre ! D’autre part, il ne serait pas scandaleux que les pouvoirs publics interviennent, par exemple, en interdisant l’ouverture de ces magasins le dimanche, ce qui les priverait d’une de leurs sources de revenus : « frapper à la caisse » peut être un bon moyen de faire réfléchir ces adeptes d’une « économie sauvage »…

En tout cas, cette sinistre anecdote me dégoûte un peu plus d’un capitalisme dont le profit financier, apparemment seule raison d’être, passe avant la simple charité ou le respect de la dignité humaine.

 

postheadericon Humilité de Dieu et Monarchie.

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La fête de Noël est d’une grande importance dans le cœur des catholiques, dont je m’honore d’être. Elle est aussi porteuse de sens et mérite d’être méditée et de ne pas se résumer seulement à des agapes ou à une débauche de cadeaux, aussi sympathique que cela puisse être par ailleurs. Notre société a remplacé le don par la consommation effrénée, le partage par l’accumulation et l’envie, et cela m’apparaît fort regrettable : le sens premier de la fête de la Nativité s’en trouve altéré, voire complètement dénaturé, au profit d’un culte du Veau d’or que Moïse dénonçait déjà en son temps.


Dans « La Croix » (24-25 décembre 2007), le théologien nigérian Bede Ukwuije médite sur le sens de « l’humilité de Dieu », de cette naissance dans une mangeoire alors que, au même moment, le roi Hérode organise un recensement auquel, en définitive, Jésus échappera. Cela nous renvoie aussi à notre propre société, obsédée par le nombre, ce qui peut paraître totalement logique dans une Démocratie où c’est, officiellement, le Nombre qui est le Maître, en fait la source de la légitimité des Etats. Notre société qui ne cesse aussi de compter ses fortunes d’argent en oubliant de préserver les trésors de la nature, considérés à tort comme des coffres sans fond toujours disponibles et pourtant, en réalité, si fragiles… Depuis que nos sociétés ont fait de la formule de Benjamin Franklin « Time is money » le mot d’ordre suprême (véritable révolution qui change le sens de l’activité humaine et désacralise Dieu, ainsi détrôné par l’Argent), l’Avoir semble triompher de l’Être ou, du moins, le ravaler à la simple condition de « sujet de l’Avoir », dépendant des modes et de son rapport matériel à la société : ainsi, les gagneurs y sont confondus, à tort (terrible contresens !), avec les « meilleurs »… Pourtant, entre un abbé Pierre ou une mère Térésa, et un Ruppert Murdoch ou un Bernard Tapie, l’honneur de l’humanité est du côté de « ceux qui n’ont pas » et non du côté de ces « puissants » avides du pouvoir de posséder et capables de licencier sans scrupule des milliers d’ouvriers « trop coûteux »…


L'argent, ce vampire des temps modernes...


Comme l’écrit M. Ukwuije sur l’humilité de Dieu, « il faudra méditer ce mystère en lien avec la fébrilité de notre société, par trop soucieuse d’efficacité et de rentabilité, société qui génère une compétition de plus en plus féroce. Lorsqu’on voit des événements et des conflits qui se déroulent dans nos pays, au Proche-Orient, en Afrique, au Pakistan, etc., des événements qui ont un lien avec des stratégies politiques et économiques de l’Europe et de l’Amérique, on ne peut que souhaiter que les êtres humains se laissent interroger par la manière d’être de Dieu.


Ce n’est pas d’un regain d’accélération dont le monde a besoin. Ce qu’il lui faut, c’est du sommeil. Nous avons besoin de dormir des heures et des heures. Bien entendu, nous comprenons le « sommeil » au sens biblique : signe d’humilité, de discrétion, de confiance et de dépendance. Saurions-nous accepter de dépendre les uns des autres pour bâtir une civilisation de l’amour ? »


En cela, il me semble que le Politique a son rôle à jouer et je rappelle que, catholique certes, je ne confonds pas les moyens avec les fins : d’où mon attachement, en ce domaine de la vie en société, au « Politique d’abord » comme moyen, comme instrument nécessaire pour permettre la survie des sociétés, leur transmission dynamique entre les générations. Mais ce n’est pas forcément le Politique qui leur donne un sens, car cela relève du domaine de l’Esprit, comme l’ont dit, de meilleure manière que moi, les non-conformistes des années 30, les Thierry Maulnier, les Jean de Fabrègues, les Emmanuel Mounier ou, dans les années 50, les rédacteurs de « la Nation Française » de Pierre Boutang, les Jacques Ellul, etc.


La statue du roi saint Louis à la cathédrale de Versailles.


Ainsi, ne pas tout ramener à l’Argent, rendre à Dieu ce qui est à Dieu et à César ce qui est à César, selon la formule consacrée, être capable de prendre son temps, acte gratuit par excellence, donner et servir… Tout cela est un programme que le royaliste politique que je revendique être assume entièrement, logiquement : on ne s’étonnera pas alors de mon engagement pour le respect des patrimoines, environnementaux, historiques, culturels, spirituels, etc., un respect qui s’accompagne d’une mise en valeur et en pratique des principes et des idées dont je me réclame, mais aussi d’une « tradition critique », nécessaire pour faire vivre ce qui doit vivre, sans nostalgie.


D’ailleurs, mon royalisme est la condition logique de ce qui doit vivre car il s’inscrit et cherche à inscrire l’Etat, en France, dans cet accompagnement et cette singulière maîtrise du temps politique que permet une Monarchie « à la française » par son mode de transmission naturelle, de la façon la plus simple qui soit, la naissance, cette naissance qui ne peut s’acheter comme on achète un candidat ou une Opinion publique… Pour que l’Etat retrouve sa liberté face aux puissances de l’Argent et l’humilité première face à la vie et à Celui qui lui permet, dans le risque et la liberté, d’être…


 
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