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postheadericon Souvenirs politiques

postheadericon Quelques souvenirs d'un ami camelot du roi à Alger.

Pour une fois, ce n’est pas un souvenir personnel que j’écris ici, mais celui que Jacques de Sansonnetti nous a raconté samedi 31 mai, lors d’un banquet des Camelots du Roi, dans un restaurant du Quartier latin, à Paris.

Dans les années 50-60, alors que Jacques commençait à militer à Alger, il fut arrêté pour avoir distribué des tracts de l’Action Française locale, l’Union Royaliste d’Algérie, dirigée alors par Jacques Carpentier, et emmené au commissariat de police. Mineur, il n’était pas question pour l’adolescent interpellé de faire appeler son père, peu favorable à ce genre d’incidents : aussi, Jacques de Sansonnetti déclara que son père s’appelait… Jacques Carpentier et le commissaire téléphona alors à ce « père » qui, pourtant n’avait pas d’enfants !
Bien que surpris par cet appel téléphonique qui lui annonçait que « son fils » était au poste, Carpentier ne démentit pas et vint chercher Jacques de Sansonnetti au commissariat.
Une fois sorti du poste, Carpentier fit remarquer à Jacques qu’un Camelot du Roi était homme d’honneur et, bien sûr, ne devait pas mentir… sauf à la police de la République…
Il fronça aussi un peu les sourcils parce que Sansonnetti n’avait que 14 ans quand l’âge d’admission chez les militants d’AF était d’au moins 15 ans…

Une anecdote parmi d’autres, qui me rappelle qu’il faudrait que je reprenne, moi aussi, mon travail de mémoire : dès la mi-juin, je m’y remets, et je raconterai « mon » année 1983, celle des manifs étudiantes contre la réforme Savary, à Rennes comme à Paris.

Mis à jour (Jeudi, 26 Mai 2011 09:57)

 

postheadericon Pierre Pujo (1929-2007)

Le directeur « historique » du journal « L’Action française », anciennement « Aspects de la France », Pierre Pujo, est décédé le samedi 10 novembre. Les Manants du Roi lui ont consacré un bel hommage : http://www.lesmanantsduroi.com/articles2/article61103.php .
Je l’avais lu pour la première fois en juillet 1980, quelques jours avant la mort d’un autre grand nom de l’AF d’après-guerre, Pierre Juhel. Il m’avait fallu attendre la fête des rois de janvier 1981, à Nantes, dans le local baptisé « Centre Pierre Juhel », pour le rencontrer physiquement et discuter quelques minutes avec lui : jeune militant fraîchement « converti » à la Monarchie, j’étais curieux de rencontrer celui qui était le directeur de l’hebdomadaire royaliste que je vendais tous les dimanches à la sortie des églises de Rennes. Il avait fait preuve d’une grande attention et patience à mon égard, et cela m’avait favorablement impressionné. C’est d’ailleurs un trait de caractère qui a marqué tous les jeunes qui l’ont connu et ont devisé avec lui, ce qui ne l’empêchait d’être intransigeant, voire têtu au point de décourager ses contradicteurs…
Participant au Camp Maxime Real del Sarte de 1981 à 1986, nous avions souvent de longues discussions autour des idées et de la façon dont diffuser et améliorer le journal, et je crois bien que c’est moi qui l’avait convaincu, lors du camp 1984, à Beuxes, d’adjoindre une fleur de lys au cartouche « Aspects de la France » pour mieux montrer la spécificité royaliste de cet hebdomadaire : nous avions évoqué ce sujet au moins une bonne demi-heure devant la grange qui nous servait de salle de conférences et, au moment où un certain nationalisme électoral perçait, il me semblait d’autant plus important de rappeler que tout nationalisme était condamné à la dérive et à l’échec s’il ne devenait pas, selon la formule consacrée, « intégral » c’est-à-dire s’il ne concluait pas à la Monarchie.
Je devais le revoir très fréquemment, et même presque quotidiennement dans les années 90, plus précisément entre l’automne 1992 et l’automne 1997, lorsque je participais activement à la rédaction de « L’Action Française » et aux activités militantes de « la Restauration Nationale », avant que celle-ci ne se sépare du journal. Je me souviens de l’époque où je rédigeais la « revue de presse » (en hiver et printemps 1993 et 1997), lorsque, de retour de Versailles ou de Rennes et avant de partir travailler à Saint-Cyr-l’école ou aux Mureaux le lundi matin, je déposais mon article chez Pierre, rue de la Pépinière, juste à côté de la gare Saint-Lazare.
Je me souviens aussi des petites réunions amicales que nous faisions chez lui pour fêter la nouvelle année et les rois, vers le milieu du mois de janvier, tout comme d’une nuit où j’avais dormi chez lui avant de partir animer ensemble une réunion d’Action Française : le soir précédent, il m’avait montré quelques photos de camps qu’il avait prises dont l’une montrait Bertrand Renouvin (actuel dirigeant de la Nouvelle Action Royaliste) allongé dans une sorte de sarcophage… Cette photo remontait aux années 60, bien sûr, mais malgré l’éloignement des uns et des autres à partir des années 70, il gardait des souvenirs attendris, parfois amusés, de l’époque précédente.
Un autre souvenir : un été, sans doute en 1985 ou 86, mon ami Eric Letty, alors journaliste à « Aspects », et moi-même sommes partis pour Ferrières-en Gâtinais, lieu de villégiature familiale de Pierre Pujo. Après un bon repas chez Pierre, celui-ci nous emmena au « son et lumière » de ce gros bourg de l’Orléanais et dans lequel il jouait lui-même. Il nous laissa aux premières places et disparut alors dans l’église. Le spectacle commença et plus il avançait, plus la pluie qui s’était retenue toute la journée se faisait drue… Tout d’un coup, la porte de l’église s’ouvrit et apparut la grande silhouette de Pierre Pujo, en tenue de cardinal, le visage imperturbable, semblant fendre la pluie qui, par le jeu de lumières, formait un rideau mobile et blanchâtre: une image surprenante, qui nous laissa Eric et moi bouche bée. Il faut dire que ce Pujo cardinal avait quelque chose de totalement « hors du temps » et de très théâtral. Tout compte fait, la tenue de cardinal lui allait vraiment bien…
La dernière fois que je l’ai vu vivant, c’était il y a quelques semaines, dans les locaux du journal, à l’occasion d’un cercle d’études que je faisais sur la Monarchie, et j’étais bien loin de penser que c’était la dernière fois. Quelques jours auparavant, nous avions discuté de la « page sociale » que Frédéric P. proposait pour le journal et, malgré quelques réticences de départ, Pierre avait accepté cette page, au moins pour le numéro à paraître la semaine suivante.
Samedi 10 novembre, à midi : sortant des cours après quatre heures devant les élèves, je trouve un message sur mon téléphone portable. C’est Michel Fromentoux qui m’annonce la mort survenue dans la nuit de Pierre Pujo : son message s’achève dans un sanglot. Une page de l’histoire de l’Action Française vient de se tourner…

 

postheadericon Municipales 1983 à Rennes.

Quelques semaines avant les élections municipales, une grande affiche manuscrite proclamait, non loin du Café de la Paix : « Les Rennais ont un maire et vont bientôt en changer », affiche qui reprenait, en sa première partie, le slogan de l’équipe municipale rennaise sortante, dirigée par Edmond Hervé, mais qui en détournait en sa deuxième partie le sens. Cette affiche anti-Hervé était signée d’une main qui brandissait une fleur de lys : était-elle l’œuvre de militants royalistes ? C’est ce que pensèrent, moi le premier, de nombreux Rennais. Mais je n’en étais pas l’auteur, ni (à ma connaissance) les militants d’AF qui s’agitaient à mes côtés, et je n’ai jamais su qui en était l’astucieux concepteur… En tout cas, cette affiche resta visible une bonne semaine.
Si nous étions farouchement opposés à Edmond Hervé, nous n’en étions pas moins ouverts à des propositions qui n’étaient pas forcément de droite : ainsi, nous rendîmes visite aux écologistes qui avaient ouvert une permanence rue Hoche, non loin de l’ancienne permanence de « L’Action Française » d’avant 1940. Nous discutâmes longuement avec les quelques écolos présents, surpris (mais pas hostiles), et je récupérais tous les tracts (sur papier recyclé grisâtre) qu’ils avaient imprimés pour leur campagne, tracts que j’ai gardé précieusement jusqu’à aujourd’hui. Nous avions des points communs avec ces militants barbus et chevelus et nous ne sentions pas en terre totalement étrangère : mais les discussions ouvertes n’allèrent, en définitive, pas beaucoup plus loin…
La Droite rennaise présentait le professeur Claude Champaud, qui officiait, me semble-t-il, à la fac de Droit ou d’Economie : c’était un brave homme, sympathique et bien décidé à battre Hervé en profitant du mécontentement général à l’égard des socialistes. Discrètement, ma mère m’avait poussé à participer à cette campagne électorale et à soutenir Champaud : j’y voyais aussi l’occasion d’élargir la base sympathisante du mouvement monarchiste dans les milieux de Droite en montrant notre bonne volonté pour « combattre le socialisme ». Ainsi, je fis plusieurs affichages avec la famille Bodin, qui résidait non loin du Foyer Saint-Benoît et que je connaissais depuis longtemps. J’amenais même la longue perche télescopique qui me servait d’ordinaire pour coller les affiches royalistes sur les grands panneaux d’affichage du type Giraudy, le plus en hauteur possible pour les rendre à la fois le plus visibles possible des passants et des automobilistes, et le plus inaccessibles pour les éventuels « décolleurs ».
Si les affichages se passèrent bien et me permirent de rencontrer quelques opposants à l’équipe municipale socialiste et, donc, de vanter les mérites de l’Action Française, je ne fis pas d’adeptes nouveaux dans ces milieux en définitive beaucoup moins réceptifs que l’on aurait pu imaginer et qui, en fait, ne voyaient dans les royalistes que des alliés un peu encombrants, pratiques pour la « main d’œuvre » mais « politiquement (républicainement ?) irrécupérables »…
En définitive, Champaud ne parvint pas à conquérir la mairie de Rennes dont Edmond Hervé restera maire jusqu’au printemps… 2008…
Quant à moi, je compris, cette fois encore, que notre politique d’intégration ou, plutôt, d’alliance à une coalition de Droite, qu’elle soit étudiante ou municipale, était, malgré toute notre bonne volonté, vouée à l’échec : cela ne m’empêcha pas de retenter l’expérience, persuadé que, sans allié ou sans soutien parmi les grandes forces de Droite, notre action était condamnée à une éternelle marginalité sans avenir… Vaine stratégie, sans doute…

 

postheadericon Fac de Droit, année 82-83.

En fac de Droit, dans cette année 1982-83, j’allais rencontrer des étudiants qui venaient de tous les établissements de la ville et bien au-delà, et cela me semblait une bonne occasion d’élargir notre « public ». Le meilleur moyen pour susciter de nouvelles sympathies à l’égard du royalisme était d’être le plus possible présent, en particulier physiquement et, très vite, je passais tout mon temps à la fac, bien sûr pour suivre les cours mais aussi pour discuter à la cafétéria qui devint vite un point de contact privilégié. Fleur de lys accrochée à l’imper ou au blouson, journaux « Aspects de la France » à la main ou dépassant du cartable, tout était bon pour signaler mon royalisme. D’autre part, je n’étais pas seul et, même s’ils n’étaient pas tous royalistes, j’avais quelques amis dans la fac, ce qui m’évitait d’apparaître isolé et facilitait les échanges avec autrui.
Mes bons contacts avec Marc Bellay, le responsable de l’UNI (syndicat étudiant de droite, en fait sous-marin du RPR de Jacques Chirac), m’ouvrait quelques portes et quelques espoirs de ce côté-là : je fis ainsi la connaissance d’Hervé Bégaudeau, personnage longiligne et haut en couleurs qui devint vite un de mes meilleurs amis et qui, sans croire vraiment à la Monarchie, n’y était pas hostile et participa à quelques « aventures » monarchistes.
Mais, avec le recul (c’était il y a 25 ans, déjà !), je ne suis pas certain que cette stratégie de rapprochement visible avec l’UNI ait été, en définitive, très profitable car, en voulant recruter dans cette mouvance, nous risquions d’y être assimilés et de voir certains sympathisants, en fin de compte, rejoindre cette organisation au nom de « l’efficacité » : ce qui pouvait être considéré au départ comme de l’entrisme destiné à nous donner quelques appuis supplémentaires et à diriger d’autres groupes pas explicitement royalistes devenait vite une « perte sèche » de militants… Cela étant, j’avais, en même temps, réussi à donner une image et une identité fortes au mouvement royaliste d’Action Française ce qui, du coup, empêchait certains amalgames malheureux et évitait de perdre du temps en explications historiques vaines. Tout cela peut paraître paradoxal mais, en définitive, cela montre que je n’avais pas encore saisi toutes les subtilités de la stratégie politique…
En fait, dans l’action quotidienne, j’essayais d’être le plus pragmatique possible tout en gardant un certain idéalisme, voire une certaine naïveté, et en quelques mois, la visibilité du royalisme à la fac de Droit était devenue une réalité tangible : la grande majorité des étudiants savaient que le royalisme existait, que c’était l’Action Française qui en portait les couleurs, et que les idées monarchistes pouvaient être crédibles. Les premiers objectifs étaient atteints et les manifestations contre la réforme universitaire d’Alain Savary, au printemps 1983, allaient le démontrer…

 

postheadericon Les royalistes à la braderie de Lille,1982.

A la veille de la rentrée 1982, ayant quelques jours de vacances supplémentaires avant de faire mes premiers pas en fac de Droit, je décidais de rallier Lille pour aider les militants d’AF locaux (principalement la famille Théry) à tenir leur traditionnel stand royaliste à la célèbre braderie annuelle qui durait trois jours, jusqu’au lundi midi. N’ayant pas de voiture ni les moyens de prendre le train, maman me déposa à la sortie de Saint-Malo pour tendre le pouce en espérant la bonté d’un automobiliste ou d’un routier… En fait, je n’attendis pas très longtemps et je fus emmené par un camionneur jusqu’à Dunkerque où nous arrivâmes le soir. L’un des frères Théry vint m’y chercher et m’emmena à Armentières où résidait toute la famille : une grande maison où se mêlaient les souvenirs politiques et les marques d’une piété religieuse catholique vécue au quotidien.
Le lendemain, nous nous rendîmes au local de l’Action Française, situé non loin du centre-ville, où nous vîmes arriver quelques militants parisiens dont François Tabary et Aristote Morvan. Ce local était en fait un grand appartement qui pouvait loger une bonne dizaine de personnes et qui était décoré de grandes affiches monarchistes tandis que dans les placards il y avait des journaux de toutes les époques du royalisme : c’est là que je vis pour la première fois un exemplaire de « Nouveau régime », journal du « Centre royaliste de formation politique » des années 1945.
Les frères Théry, en particulier François, Jean-Marie (aujourd’hui malheureusement décédé) et Pascal, me firent visiter la ville, au fil des peintures d’AF : sur des murs gris d’immeubles ou sur les axes routiers s’étalaient de grands slogans peints au rouleau en blanc, tandis que l’on apercevait quelques reliquats des inscriptions de la NAF. De grands « Monarchie populaire » côtoyaient des slogans peu aimables avec la République, tandis que près d’une église un mur proclamait « Vive le trône et l’autel », symbole d’un royalisme encore très imprégné, dans le Nord, de forts accents religieux. En tout cas, les peintures d’AF semblaient éclipser les autres graffitis.
Dans la braderie même, les frères Théry avaient installé un stand de plusieurs mètres de long sur lequel s’étalaient journaux, tracts et brochures monarchistes, tandis que des affiches, certaines manuscrites, exprimaient notre message politique et que des drapeaux de Lille (fleur de lys blanche sur fond rouge, ce qui convenait fort bien à notre royalisme…) ou flamands flottaient au-dessus de nos têtes : c’était impressionnant parce que des milliers de personnes passaient devant notre stand chaque heure et que nous n’arrêtions pas de lancer des slogans pour appâter le chaland et d’entamer des discussions avec des curieux. A tour de rôle nous nous promenions dans la braderie, immense, nous arrêtant parfois aux stands de bouquins à la recherche de quelques titres de Maurras que nous n’avions pas, ou aux terrasses des cafés ou des stands de moules-frites où nous levions, sans aucun complexe, notre verre à la santé du Roi.
Durant près de trois jours, nous faisions ainsi du militantisme royaliste concret, sur le terrain, au contact des populations et la gouaille de François et de Jean-Marie lui donnait un air véritablement populaire, ce qui nous sortait du petit monde « lycéen et étudiant » auquel j’étais habitué.
Par la suite, chaque année jusqu’en 1986, je revins pour cette braderie de Lille devenue pour les royalistes de Paris et d’ailleurs un véritable point de rendez-vous militant, et qui constituait, en fait, « notre » rentrée politique…

 
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