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postheadericon 2006

postheadericon Jean Jaurès.


Alors que je me rendais jeudi dernier à une réunion d'Alliance Royale pour témoigner de mon expérience électorale royaliste, je suis passé devant le Café du Croissant, non loin de la Bourse, celui-là même où le socialiste Jaurès a été assassiné le 31 juillet 1914 par Raoul Villain (acquitté en 1919...).


Par une drôle de coïncidence, il se trouve que j'avais dans mon sac deux livres dont celui de Jaurès sur le roi Louis XVI, extrait de son "Histoire socialiste de la Révolution française", réédité récemment et préfacé, très intelligemment, par Max Gallo. Ce livre, découvert par hasard dans une librairie du Chesnay, est intéressant et montre à l'envi la complexité de la pensée de Jaurès à l'égard d'un événement fondateur pour les républicains français, la Révolution française. Ainsi, à le lire, on constate que le socialiste reproche d'abord au roi de n'avoir pas su, ou pas voulu, devenir le roi de la Révolution, ce qui lui aurait permis de sauver, non seulement sa tête, mais son trône. Autant Jaurès est critique, voire injuste, envers Louis XVI, autant il montre l'ambiguïté des révolutionnaires et la dangerosité, malgré (ou à cause de ?) leurs grands principes, du mécanisme terroriste que la République, à travers les hommes qui s'en réclament, met en place aux dépens des libertés humaines, concrètes...


Bien sûr, il y a beaucoup à redire sur ce livre et sur les jugements de Jaurès (mais la lecture conjointe du passionnant "Louis XVI" de Jean-Christian Petitfils rétablit les vérités que le dirigeant socialiste méconnaît...), mais il me semble qu'il n'est pas inutile de le lire, comme un document historique qui nous en apprend plus sur son auteur que sur son objet, sur ses idées (voire ses illusions...) qui seront les siennes jusqu'au coup de feu fatal du 31 juillet 1914...


Dans mon sac, j'avais aussi un livre qui, "de l'autre côté de la barricade", évoquait Jaurès. Il s'agit du Journal privé des années 1914-1915 de Jacques Bainville, écrivain et historien royaliste, rédacteur d'esprit indépendant à l'Action française, ami de Maurras mais si différent, dans le style, du polémiste.



Sur le meurtre de Jaurès, Bainville écrit : "Tuer Jaurès au moment où la politique de Jaurès s'effondrait, au moment où sa conception internationaliste et pacifiste du socialisme s'abîmait dans le néant, au moment où de toute sa pensée, de toute sa carrière d'orateur, la brutalité des faits ne laissait rien, (...) au moment aussi où il importait au salut public que la France conservât tout son calme, oubliât ses divisions,- tuer Jaurès, c'était plus qu'un crime, c'était une faute". Cet assassinat n'a heureusement pas fait basculer le pays dans la guerre civile, comme semblait le souhaiter Guillaume II, l'empereur allemand, et il n'a pas empêché l'Union sacrée d'août 1914: devant le danger, l'unité française a été la plus forte.


Mais, au-delà de cette page d'Histoire, apparemment si lointaine (la radio annonçait ce matin la mort d'un des six derniers poilus de la Grande guerre qui en avait compté plusieurs millions...), il me semblait entendre quelques échos de l'actualité la plus récente, au gré des périls géopolitiques qui, au Moyen-Orient, peuvent faire craindre le pire: la guerre civile, si proche, en Irak; la "question d'Iran" et celle de Mahomet, si diverse et tant discutée, de part et d'autre de la Méditerranée...


Au regard de ces périls et de ces incertitudes, de ces inquiétudes qui taraudent désormais nos diplomates, un ami m'affirmait il y a quelques jours : "nous sommes en juin 1914"... Il faut souhaiter que nous n'arrivions jamais au 28 de ce mois maudit... Mais il est en effet bien tard: la grande question de la Défense nationale risque de se poser plus tôt que prévu, ne serait-ce que devant la crainte d'une guerre terroriste dont, si nous ne connaissons ni le jour ni l'heure, nous savons l'horreur.

 


 

postheadericon "La révolution sans risque"...

Madame Ségolène Royal parle peu mais commence à faire entendre "sa petite musique", au risque d'agacer un peu plus encore les "éléphants" du PS. Fin janvier, devant une vingtaine de diplomates, elle s'est présentée comme favorable à "la révolution sans risque", jolie formule assez floue dont elle n'a pas encore totalement précisé les formes. Sera-ce la nouvelle ligne des socialistes, eux qui, à la veille des élections de 1981, se voulaient les chantres d'un changement révolutionnaire mais tranquille, reprenant, sans le savoir, le titre d'un livre du royaliste Bertrand Renouvin paru quelques années auparavant ("La révolution tranquille")...

 

Madame Royal a formulé quelques idées de sa "révolution" : par exemple, faire adopter la Constitution européenne, plus courte et plus claire, par la voie parlementaire ; mettre les enseignants aux 35 heures (de présence et de travail dans leurs salles de cours et de réunion) ; copier  quelques mesures déjà mises en pratique par M. Blair outre-Manche... En somme, et c'est aussi une formule qu'elle a employé : "la réforme rassurante"...

 

J'ai l'impression qu'il n'y a rien de très "révolutionnaire" ni même novateur dans ce programme pré-électoral, et qu'il s'agit plutôt d'une "non-révolution tranquillisante"... En tout cas, pas de quoi employer ce terme de "révolution", même sous son sens apaisé de "changement visible de théorie et de pratique politique"...

 

Il est, malgré la mauvaise réputation du mot dans certains milieux doués de "la longue mémoire", de bonnes, d'excellentes même, révolutions : celles que Maurras appellait de ses voeux (et qu'il n'a pas vu, en France, de son vivant), les "révolutions par le haut", pratiquées par un Etat dont la nature, le statut et la forme institutionnels, permettent l'indépendance dans l'arbitrage et la décision. Un Etat qui peut éviter le choc sanglant des "révolutions ordinaires" pour changer les choses en profondeur et en qualité. Il avait l'exemple oriental du Japon qui, sous l'impulsion de son empereur Mutsu-Hito, était rentré de plain-pied dans la modernité en 1868 (l'ère Meiji). Mais, plus proche de nous, il y a l'exemple espagnol, celui de ce roi jadis moqué pour sa prétendue insignifiance et surnommé "le bref" ou "le court" (malgré sa grande taille), le roi Juan Carlos. Souvenons-nous que, lorsqu'il monta sur le trône en 1975, personne ne lui accordait une grande confiance hors d'Espagne. Et pourtant, de par sa position au-delà des partis, au-delà des "mémoires conflictuelles", il représentait, il était l'Etat et il a su jouer des avantages et de la légitimité que lui assurait son statut. Il a fait cette "révolution par le haut" qui a évité (et ce n'est pas rien, eu égard à l'Histoire de l'Espagne) la déchirure civile, avant de rendre aux hommes politiques un Pouvoir politique qu'ils n'ont pas toujours honoré, mais en gardant ce qui est le propre d'une Monarchie royale, l'Autorité, celle qui n'a pas besoin de communiquer tous les jours pour être et durer...

 

postheadericon Le drame irakien.

La destruction de la mosquée d'Or, à Samarra (au centre de l'Irak), par un attentat attribué à un groupe sunnite proche d'Al Qaïda, risque d'entraîner un véritable déchirement et démembrement de l'Irak selon une logique communautariste, ethnique comme religieuse. C'est ce que signale "Le Figaro" dans son édition du  vendredi 24 février, en des termes peu rassurants.

 

"L'Irak bascule dans la guerre civile. Une sale guerre où les escadrons de la mort passent à l'action de nuit comme de jour pour assouvir le désir de vengeance des foules en colère. (...) La destruction du sanctuaire de Samarra (...) a placé le danger d'un conflit confessionnel à un niveau jamais atteint. L'attentat a déclenché une explosion de haine qu'aucune attaque à coups de voitures piégées contre des cibles humaines n'avait réussi à provoquer. En s'en prenant à l'un des sites les plus sacrés du Moyen-Orient, les extrémistes ont enflammé des esprits prompts à s'échauffer en touchant au plus profond du sentiment identitaire chiite. (...) Pour les fidèles, l'effondrement de l'édifice est le signe de la rupture des équilibres. Il ne peut être puni que par le sang et la mort. C'est que le mausolée est sur le plan symbolique l'équivalent de La Mecque pour l'ensemble des musulmans du monde (...)". Il est significatif de constater que les principales victimes des attentats sont des musulmans irakiens beaucoup plus que des militaires occidentaux...

 

Ainsi, la guerre états-unienne de 2003 a, malgré les peu convaincantes dénégations de Washington, ouvert une boîte de Pandore que personne n'est certain de pouvoir refermer de sitôt. En renversant la dictature républicaine et laïque de Saddam Hussein sans avoir préparé une alternative crédible, les Etats-Unis ont fait le lit des islamistes et des terroristes de tout poil : immense gâchis, qui, au lieu d'amener la paix et la concorde dans une région qui en aurait bien besoin, risque d'enflammer tout le Golfe.

 

En privilégiant les communautarismes locaux, au nom du "droit des peuples à disposer d'eux-mêmes", de ce fameux "principe démocratique des nationalités" que les Etats-Unis défendent depuis toujours et comme il l'avait déjà fait pour l'Europe en 1918 (souvenons-nous des "14 points" de Wilson, dont les conséquences n'étaient pas encore éteintes à la fin du XXe siècle...), les stratèges de Washington engagent toute la région dans une véritable "guerre de cent ans" dont les premières victimes sont les peuples du Proche-Orient, avant d'atteindre les pays d'Europe. C'était aussi l'analyse que le géopolitologue Yves Lacoste avait évoquée en octobre 2005 lors d'une conférence tenue à Bourg-la-Reine et à laquelle j'avais assisté.

 

Ainsi, les leçons de 1914-1918 et de la paix ratée des traités de 1919-1920 semblent n'avoir servi à rien. Oublieux de l'Histoire, au nom de leur "présent immédiat", les Etats-Unis ont jeté de l'huile sur le feu au lieu d'éteindre l'incendie que les islamistes avaient provoqué par le 11 septembre 2001.

 

Autre élément que l'on peut évoquer au regard des événements d'Irak : il est toujours dangereux d'affaiblir une nation lorsque les communautés qui la composent sont toutes prêtes à s'en émanciper au nom d'un principe "supérieur" qui n'est pas reconnu par les autres... La leçon vaut aussi pour notre pays et notre continent...

 

postheadericon La République des féodaux.

Georges Frêche, président socialiste du Conseil régional de Languedoc-Roussillon, a insulté il y a quelques jours les harkis (combattants musulmans algériens dans l'armée française) en présence de Jack Lang, lors d'une manifestation à Montpellier, les traitant de "sous-hommes". Des propos proprement scandaleux qui mettent le PS dans un certain embarras...

 

Dans un entretien paru dans le journal "La Croix" mercredi 15 février, Arnaud Montebourg, lui-même socialiste, dénonce les propos de M. Frêche en s'en prenant aussi aux "mauvaises habitudes" de son parti : "Le PS est un parti féodalisé, notamment dans l'Hérault où les voix sont soit fictives soit contrôlées. Cela pose le problème de la démocratie dans le parti et de la liberté avec laquelle il doit être possible de refuser les excès d'un de ses grands féodaux. C'est aussi la lutte entre "présidentiables" qui conduit à cette situation où Georges Frêche peut tout se permettre puisqu'il dispose d'un certain nombre de voix qui peuvent contribuer à faire la décision".

 

Ainsi M. Montebourg constate que la Présidentielle et la course à la candidature au sein même de son parti ont des conséquences fort malheureuses, ne serait-ce que pour l'éthique politique.

 

Mais, surtout, cette affaire montre que le règne des partis et des politiciens permet à quelques Féodaux de tenir leur "domaine politique privé" sans véritable garde-fou, se réfugiant derrière leur "légitimité électorale" et leur "poids local", au risque de discréditer la Politique : qu'on ne s'étonne pas, dans ces conditions, des forts taux d'abstention qui apparaissent, de plus en plus, comme une contestation boudeuse du "désordre établi" (selon l'expression du personnaliste Emmanuel Mounier) et de cette "République des féodaux" dont le "Maître de la Septimanie" se fait aujourd'hui l'incarnation la plus bruyante et la plus scandaleuse.

 

postheadericon Roi de Thaïlande.

M. Jacques Chirac était, en fin de semaine dernière, en visite dans l'ancien royaume du Siam, aujourd'hui royaume de Thaïlande, un pays jadis épargné par les guerres de l'Indochine mais aujourd'hui inquiet face à la montée d'affrontements interreligieux dans les zones à majorité musulmane.

 

Le Président français a rencontré le roi Bhumibol Adulyadej (ou Rama IX), "doyen des têtes couronnées dans le monde", comme le signale le journal "La Croix" dans son édition du 16 février dernier.

 

En effet, ce souverain de 78 ans règne depuis 60 ans et c'est d'ailleurs à l'occasion du 60ème anniversaire de son accession au trône que M. Chirac s'est rendu en Thaïlande.

 

L'article que "La Croix" a consacré à ce monarque mérite d'être largement cité, ne serait-ce que pour saisir comment un roi, qui ne doit rien à l'affrontement électoral, peut jouer un rôle, souvent discret mais efficace, dans un pays qui, s'il fait peu parler de lui, n'est pas pour autant politiquement inanimé : "En Thaïlande, le roi Bhumibol n'est pas seulement respecté mais vénéré comme un "dieu-roi" intouchable. Avec la religion bouddhiste, il est le pilier sur lequel reposent l'unité et l'harmonie du pays tout entier. Même si la monarchie absolue a été officiellement abolie en 1932, ce monarque constitutionnel s'est toujours tenu au-dessus de la vie politique - très agitée - du pays mais a toujours joué un rôle majeur de stabilisateur dans les situations les plus tendues. Ainsi, lors d'un soulèvement populaire en 1992, il avait arbitré d'une manière spectaculaire en adjurant militaires et manifestants de mettre fin aux violences. Au cours d'une allocution télévisée, le roi avait exhorté les chefs des deux camps, accroupis à ses pieds en signe d'allégeance, à faire la paix. Les troubles avaient aussitôt cessé.

 

(...) Loin d'être isolé dans ses palais en dépit de son âge, il sillonne les campagnes du pays pour manifester, encourager ou animer les grands projets sociaux, économiques, éducatifs ou religieux. On ne lui attribue pas moins de 2000 projets de développement rural.

 

Passionné des choses de la terre (bhumibol signifie "force de la terre"), le roi est aussi féru de sciences et de musique. Dans les jardins du palais de Chitralada, il s'occupe de rizières expérimentales et d'une laiterie où il teste de nouvelles méthodes d'agriculture. Sa popularité est au zénith. Des portraits du couple royal figurent dans tous les lieux publics et dans presque tous les foyers du "royaume de Siam", jusque dans les villages les plus reculés".

 

Ainsi, 60 ans après le début de son règne, le roi reste populaire comme si le temps avait "glissé" sur le monarque. Sans doute faut-il y voir le fait que, si le Pouvoir use, l'Autorité, lorsqu'elle se trouve "naturellement" (par le simple jeu du cycle de la vie et de son renouvellement) au-delà des jeux électoraux, garde son aura et toute son efficacité, sa crédibilité.

 

Une leçon qu'il conviendrait, à l'heure des grands débats institutionnels qui agitent notre pays, de méditer...

 
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