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postheadericon 2005

postheadericon Anatole France, à relire.

 

Je profite des vacances scolaires pour lire (ou relire) nombre d'essais politiques et historiques ainsi que quelques romans, d'ailleurs souvent eux-mêmes inspirés par l'Histoire. Me voici ainsi replongé dans l'oeuvre d'Anatole France, cet écrivain socialiste ami de Jaurés et lecteur de Maurras, écrivain qui n'a pas hésité à dépasser les clivages habituels et à se moquer des conformismes, y compris républicains.


Son livre, que je relis pour la dixième fois peut-être, "Les dieux ont soif", est une dénonciation fine et parfois teintée d'ironie du système de la Terreur à travers le destin d'Evariste Gamelin, artiste médiocre plein de grands sentiments et de certitudes, devenu juré au Tribunal révolutionnaire durant la période du pouvoir robespierriste. Au-delà même de l'époque évoquée, Anatole France montre comment les idées "généreuses" deviennent inhumaines au nom de "l'Homme nouveau" à construire, vieille utopie révolutionnaire qui a pourtant irrigué les totalitarismes du XXe siècle. La lecture des textes de la presse communiste, surtout française, durant la période de l'Union soviétique sont, à cet égard, révélateurs, et, au regard des réalités pratiques du communisme russe, apparaissent comme autant d'aveuglements terribles.


Les totalitarismes du XXe siècle ont-ils leurs racines dans la Terreur de 1793 ? La lecture du livre "les dieux ont soif" pourrait bien le confirmer...


L'attitude de certains intellectuels ralliés à ce qu'ils qualifiaient d'"espérance populaire" fut parfois aussi peu honorable: lorsque Sartre déclare "Tout anticommuniste est un chien" ou qu'il vaut mieux ne pas aborder certains aspects de la réalité communiste pour "ne pas désespérer Billancourt", il montre là une curieuse conception de la vérité et du respect de la dignité humaine... Relire "Les dieux ont soif" n'est jamais inutile pour se prémunir contre certaines attitudes et certains préjugés.


Mais Anatole France, ce républicain ambigü, a écrit bien d'autres livres dans lequel le royaliste que je suis trouve de multiples raisons de ne pas céder aux sirènes de la facilité et du conformisme. Il faudrait ainsi évoquer "L'île des pingouins" ou, même, "L'orme du mail"...

 


 

postheadericon La Monarchie héréditaire et successible.

 

Parmi les objections faites à la Monarchie, revient souvent l'idée que, du fait du mode de succession héréditaire, le nouveau monarque peut être un parfait imbécile: "le talent n'est pas héréditaire", me rappelle un de mes contradicteurs. "La République, au contraire, assure une diversité de choix; le choix, c'est la liberté". Ces arguments me donnent l'occasion de rappeler, à mon tour, quelques éléments importants sur ce thème de la désignation du Chef de l'Etat.


Le choix présidentiel : le choix, vraiment ?


La Monarchie française est héréditaire et successible: cela signifie qu'elle n'est pas esclave des élections et de ceux qui les font, c'est-à-dire non pas vraiment les électeurs (qui, en définitive, départagent des candidats déjà choisis pour cette "reine des élections" qu'est la présidentielle), mais bien plutôt les partis et les puissances d'argent, qui sont les premiers "sélectionneurs", au risque de désespérer les électeurs eux-mêmes qui ne se retrouvent pas dans les candidats proposés (d'où une abstention qui augmente...). Dans l'élection présidentielle, et on l'a bien vu en 2002, le choix, surtout quand les médias considèrent qu'on ne l'a plus..., ce n'est plus vraiment une décision positive mais une décision négative, de crainte ou de dépit: on vote "contre", au risque de voter en même temps (et là, il n'y a pas le choix!) pour quelqu'un que l'on déteste et que l'on a combattu farouchement quelques jours auparavant, et qui se moque bien de vos scrupules... Formidable jeu de dupes, qui laisse souvent un goût amer.


La Monarchie, par son principe même, c'est la transmission de la magistrature suprême par le biais le plus simple, le plus naturel, car filial, du père au fils,par la disparition de l'un et l'"apparition" immédiate de l'autre. "Le roi est mort, vive le roi !" et son complément théorique "le roi de France ne meurt jamais" sont les deux formules qui caractérisent le mieux cette "passation de sceptre" qui, si elle voit la mort physique d'un monarque, voit aussi dans le même temps la pérennité de sa fonction et de l'Etat immédiatement assurée par son successeur.


Quatre générations ici présentes : feu le comte de Paris (buste à droite), l'actuel comte de Paris, son fils le prince Jean et son petit-fils Gaston...


Ainsi, le roi ne doit son pouvoir qu'à la naissance et au deuil: il n'a pas choisi de naître héritier de roi, "roi en devenir", comme il n'a rien choisi de ce (et de ceux) qui le précéde. Mais cela lui assure une indépendance de fait, sans l'intervention des partis et au-delà de leur propre sphère d'activité et d'influence. En même temps, il n'est pas identifiable à un groupe économique ou social ou, même, communautaire. En ces temps de communautarismes parfois agressifs, l'indépendance de naissance du souverain, le fait qu'il appartienne à toute la nation, aux "peuples de France" selon l'expression consacrée, est le meilleur moyen qu'il soit, non un point de friction, mais un trait d'union. Le fait qu'il échappe au "choix" est le meilleur moyen qu'il puisse garantir les libertés de chacun et l'unité du pays, n'étant l'élu de personne.


Certes, il n'est peut-être pas le plus intelligent, mais son indépendance statutaire lui permet de choisir les meilleures compétences pour gouverner le pays : souvenons-nous qu'il n'y a pas de Richelieu possible sans un Louis XIII qui l'appelle et le soutient, y compris contre la Cour et certains membres de la famille royale. Louis XIII n'est pas un roi très doué mais sa position lui a permis de choisir Richelieu, non en fonction de sa popularité ou de ses soutiens, mais en raison de ses qualités propres. L'histoire de la Monarchie compte ainsi de nombreux grands serviteurs et commis de l'Etat qui suppléent aux insuffisances des monarques. Bien sûr, il y eut des erreurs et des égarements mais, tout compte fait, le bilan de l'ancienne Monarchie est plutôt positif comme en conviennent les historiens contemporains. La nouvelle Monarchie à fonder n'en aura que plus de devoirs...


 

postheadericon La démission de Jacques Chirac.

Un récent sondage nous apprend qu'un Français sur trois souhaite la démission de l'actuel président de la République pour provoquer une présidentielle anticipée.

 

Plusieurs remarques s'imposent: tout d'abord, l'Opinion publique semble bien versatile et pratique un "zapping" politique peu favorable à toute politique de continuité. Ainsi, l'électeur-sondé se comporte en "consommateur de l'immédiat" et, au lieu d'une réflexion politique, semble se contenter d'un réflexe du type "j'aime plus, je jette...". Il n'est pas certain que cela soit un signe de bonne santé de notre République. Doit-on rappeler qu'en 2002, en des circonstances inédites, M. Chirac a été démocratiquement élu avec 82 % des suffrages exprimés (quelle que soient les motivations et les origines fort diverses de ce vote, en démocratie seul le résultat compte: celui qui a la majorité absolue au 2nd tour l'emporte); en 2003, lors de l'affrontement France-Etats-Unis à l'ONU à propos de l'Irak, des sondages accordaient plus de 90 % d'opinions favorables au Président de la République; mais dès 2004, les élections régionales apparaissaient comme le contre-pied des élections et des sondages des deux années précédentes... Peut-on bâtir une politique (et une stratégie) sur le long terme et indépendante dans un système où l'Opinion peut défaire ou contredire ce qu'elle a fait ou affirmé les mois précédents ?

 

Autre remarque : le "sondage universel" sape les fondements mêmes du suffrage universel, mais aussi et surtout les bases et la légitimité de l'Etat: qu'il soit aujourd'hui républicain ne m'empêche pas de penser que cette sape sondagière est dangereuse et joue un rôle dans la discréditation de la politique au profit de ceux qui ne souhaitent que l'impuissance du Politique et l'effacement de l'Etat, c'est-à-dire les Grandes féodalités économiques et financières.

 

Le sort personnel de M. Chirac ne me préoccupe guère, et il n'est qu'un "homme de passage" dont le bilan sera fort mitigé et, dans certains domaines, fort négatif. Mais, le sort de l'Etat, lui, m'occupe et me préoccupe : il ne faudrait pas, qu'au nom de l'opposition à l'actuel locataire de l'Elysée on jette le bébé avec l'eau du bain...

 

Défenseur de l'Etat, je souhaite qu'il renoue, en sa magistrature suprême, avec la durée et la continuité qui permettent une politique de long terme, nécessaire pour relever les grands défis contemporains et à venir. D'où mon attachement à l'instauration d'une nouvelle Monarchie française, "héréditaire et successible". Non pour figer le débat ou la pratique politiques, mais pour leur rendre une plus grande visibilité et efficacité.

 

postheadericon 2013, date fatidique pour l'agriculture.

La dernière réunion de l'OMC, qui s'est tenue la semaine dernière à Hongkong, a longuement évoqué le problème agricole. Durant cette phase de négociations, Luc Guyau, responsable de la FNSEA, et José Bové, "altermondialiste" bien connu, ont déclaré que l'agriculture ne devait pas entrer dans le cadre de ce "marchandage", de par la nature propre de l'activité agricole, d'abord nourricière et donc, "partout nécessaire": ils n'ont pas été entendus et l'OMC a, en somme, répondu favorablement aux multinationales de l'agroalimentaire toujours soucieuses de "plus de libre-échange".

Mais, puisque les agriculteurs français sont désormais prévenus (s'ils ne l'étaient déjà...) que 2013 est la date fatidique où, en définitive, leurs subventions et leurs protections seront tenues de s'effacer devant les exigences du "libre-échange total", il faut se préparer à cette échéance, tout en rappelant certains principes de base.

Tout d'abord, la France doit rester un pays agricole et ne pas être seulement une "terre à touristes" (ou à retraités) comme le souhaiteraient certains technocrates européens ou "OMCiens" qui pensent que chaque territoire doit être "spécialisé" de façon uniforme et non diversifiée, dans le cadre du "Village global". L'une des principales richesses de notre pays c'est la variété des paysages, des climats et des productions agricoles, et cela peut faire de notre agriculture un véritable "pétrole vert": il serait dommage de s'en passer ou de l'abandonner aux plans fumeux de quelques experts en "mondialisation globalisante"...



D'autre part, il faut refaire de l'agriculture française "l'activité nourricière des plus proches" en relocalisant certaines productions et en rappelant ses devoirs à une Grande Distribution qui joue la carte de la mondialisation sans souci de la survie de ce secteur primaire en France, préférant acheter à très bas prix à l'étranger pour revendre à des prix certes bas, mais dont le coût social, lui, est élevé: est-il ainsi normal qu'en l'espace d'une année le revenu des paysans français ait diminué de 10 % tandis que les marges bénéficiaires des Grandes Surfaces, elles, ne cessent d'augmenter sans que, d'ailleurs, les employés de celles-ci voient leurs propres revenus augmenter d'autant ?



Cette relocalisation nécessaire doit aussi se marquer par une sortie progressive de l'agriculture française du modèle productiviste dont les ravages sociaux et environnementaux sont de plus en plus insupportables. Renouer avec une agriculture plus "humaine" sans renier les progrès agronomiques faits ces dernières décennies, rapprocher les productions des marchés de consommation, revitaliser les campagnes françaises en leur redonnant un avenir et des débouchés "proches", etc. : tout cela est plus que nécessaire, c'est vital.

Encore faudrait-il un Etat qui ne soit pas la proie des Grandes Féodalités économiques, et qui soit en mesure de comprendre que l'avenir du pays passe aussi par un aménagement intelligent et mesuré du territoire. Un Etat qui pense au-delà des échéances électorales, présidentielles et autres. Un Etat qui pense en termes d'équilibre social, de justice sociale et de préservation de l'environnement, et non pas en simples termes statistiques ou boursiers. Un Etat qui pense, tout simplement, à l'avenir des hommes et des femmes qui constituent cette vieille nation millénaire toujours utile au monde. Un Etat qui s'inscrive, non dans l'éphémère du temps électoral, mais dans la longue durée de la succession des générations. En somme, un Etat dynastique, une Monarchie royale, héréditaire et successible... Il y a, il est difficile de le nier, urgence...

 

postheadericon Délocalisés en Malaisie...

 

Une information publiée dans Libération du lundi 19 décembre aurait dû faire réagir l'Etat français, mais il semble que cette réaction attendue, si elle existe, soit fort discrète. Quant aux grands médias, ils semblent plus préoccupés par la percée dans l'Opinion de Ségolène Royal que par le sort de quelques ouvriers français, quelque part dans l'Allier.


Je cite Libération : "Début décembre, une entreprise japonaise a proposé à ses salariés français de Bellerive-sur-Allier (Allier) de les reclasser en Malaisie aux conditions salariales du pays. Les onze employés de l'entreprise Radiatex (...) ont reçu une lettre leur annonçant leur licenciement ainsi qu'une offre de travail en Malaisie pour 1168,93 euros par an, comprenant un temps de travail de 48 heures par semaine avec seulement dix jours de congé. Paradoxalement, la direction précise dans le courrier qu'il est "juridiquement impossible d'embaucher en Malaisie un salarié de nationalité française au poste proposé".


Ce genre d'affaire, qui devient fréquente depuis quelques années, n'en est pas moins choquante: au nom de la "compétitivité", certaines entreprises utilisent les salariés comme des "variables d'ajustement" sans respect pour les personnes et leur dignité. Souvent, elles ne font qu'appliquer la règle du "libre-échange" globalisé qui déplace les outils de productions et les emplois au gré de leurs "besoins" et de leur "stratégie". Il est d'ailleurs intéressant de constater que le "Sud" est ainsi, pour attirer les capitaux des pays du "Nord" (et l'offre d'emploi qui va avec), maintenu dans des conditions sociales dignes du XIXe siècle européen et que l'écrivain Jack London a si bien dénoncé dans ses livres. On aurait pu espérer que les "drames sociaux" des Révolutions industrielles européennes et états-uniennes auraient été épargnés, en connaissance de cause, aux pays du "Sud": visiblement, il n'en est rien... Et même les ouvriers du "Nord" en pâtissent à nouveau aujourd'hui, par ricochet !



S'indigner n'est pas suffisant, encore faut-il chercher des solutions même si, en ce domaine comme en d'autres, il n'y a pas de solution-miracle. La Politique étant l'art du possible et du souhaitable, et l'Etat gardant encore quelques moyens d'action (cela malgré sa forte dépendance dans nos démocraties avec les milieux d'affaires), il me semble qu'il lui serait nécessaire d'imposer le versement par l'entreprise indélicate de fortes indemnités aux licenciés d'une part, et aux pouvoirs publics locaux d'autre part, voire à l'Etat lui-même. De plus, une forme de "confiscation conservatoire" des capitaux et des outils de production de l'entreprise par l'Etat ou les pouvoirs publics locaux pourrait être envisagée jusqu'au réglement négocié et "à l'amiable" des licenciements et de leurs contreparties financières ou matérielles (qui sont fort variées, de l'utilisation à bas prix des matériels de l'entreprise pour les ouvriers désireux de poursuivre, de façon indépendante, une activité dans ce secteur sous la forme d'une coopérative ou d'une nouvelle entreprise, par exemple).


Il ne s'agit pas de "faire du collectivisme", loin de là, mais de rappeler des règles simples de justice sociale et de permettre des reconversions d' ouvriers licenciés tout en favorisant (et finançant...) la création d'entreprises nouvelles, "relocalisées" d'une certaine manière.

 


En proposant quelques pistes de réflexion pour la sauvegarde de l'emploi en France, je m'inscris dans la tradition du Royalisme social illustré, entre autres, par René de La Tour du Pin et le comte de Chambord. La lecture de "la lettre aux ouvriers" publié par ce dernier en 1865 rappelle aussi que la Monarchie fixe des devoirs sociaux à l'Etat qui doit être, selon la formule célèbre et dans le meilleur sens du terme, le "fonctionnaire de la société".

 


 
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